8 mars 2009
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Sous l'aile des pagodes, dans les rizières d'Indochine, dans les ruelles de la casbah, sur les marchés de Fort de France, chez les colons de Tananarive, défile sous les yeux du curieux tout un monde figé dans les certitudes du bon droit.On soulève les magazines jaunis où le potentat local se pavane dans la vie dorée de là-bas à faire rêver celui qui est resté dans les brumes de la métropole. Des feuillets surannés, de l'air rafraîchi par les plumes des autochtones, transpirent la révolte et l'indépendance future.
La nostalgie s'empare du flâneur.
Le hasard le met face à ce vieil album de photographies en noir et blanc de la Guadeloupe, exotisme, plantations de bananes, marchés de senteurs, navires à quai... et là, le présent rattrape le passé, implacable souvenir, plein de bouffées de fatuité et d'arrogance face à la soumission désabusée...
Des caisses de cartes postales, étalées à l'infini, attirent toujours le chaland, avide de retrouver "sa" rue, "son" clocher...
Les collectionneurs trouvent aussi matière à satisfaire leur coupable passion: trains miniatures, fèves de porcelaine, poupées disloquées, figurines de toutes sortes, monnaies et timbres de tous bords...
Revenu chez soi, on savonne ses mains, chargées des poussières du passé... poussières qui restent collées à l'esprit, insidieuses, parasites du présent incertain.


