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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 20:08

Hier soir, le groupe UMP a fait voter en catimini, à l’Assemblée nationale, un amendement permettant qu’un accord collectif modulant le temps de travail s’impose à un salarié. Alors que le chef de l’Etat a renvoyé à la négociation sociale la question des accords « compétitivité-emploi », les députés UMP préparent déjà les conditions juridiques de sa mise en place, avant même que les partenaires sociaux aient commencé à en discuter.

 

L’article 40 de la proposition de loi de simplification du droit crée un nouvel article L 3122-6 du code du travail qui fixe que : « La mise en place d’une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année prévue par un accord collectif, ne constitue pas une modification du contrat de travail ». Ainsi, il remet en cause la jurisprudence de la Cour de Cassation qui, dans un arrêt du 28 septembre 2010, indique que « l’instauration d’une modulation du temps de travail constitue une modification du contrat de travail qui requiert l’accord exprès du salarié ».

 

Cette jurisprudence est importante, tant sur le plan juridique que sur le plan humain : une nouvelle organisation du travail peut en effet s’avérer incompatible avec la vie familiale et personnelle de chaque salarié. Mais elle est surtout l’obstacle juridique à la proposition d’accord compétitivité-emploi émise par le président de la République dont le principe même serait qu’un accord d’entreprise, notamment sur le temps de travail, puisse, tout en dérogeant à la loi, s’imposer au salarié sans qu’il ne soit considéré comme une modification de son contrat.

 

Il est proprement scandaleux qu’un bouleversement aussi important du code du travail se fasse sans que les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives ne soient amenées au préalable à négocier. Une nouvelle fois, la majorité et le président de la République font état de leur profond mépris pour le dialogue social et démontrent, par leur attitude même, la justesse de la proposition émise par François Hollande d’inscrire dans la Constitution la garantie du respect préalable de la négociation pour que toute loi sociale qui n’aurait pas donné lieu à une négociation avec les partenaires sociaux puisse être déclarée anticonstitutionnelle. C’est le sens d’une démocratie qui se veut respectueuse du dialogue social.

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:15

Dans le superbe bâtiment des Archives Départementales le Président du Conseil Général et la Préfète de la Meuse se sont prêtés à l'exercice traditionnel de présentation des vœux. Un exercice que chacun a décliné à sa façon. 

Si Christian Namy s'est plu à évoquer des grands projets fondés à apporter un plus pour l'économie meusienne (dont CIGEO et l'implantation de l'avionneur SAFRAN à Commercy), il s'est également évertué à fustiger l'Etat qui, de Paris, n'a guère de considération pour les territoires ruraux comme la Meuse.

Transferts de compétences, charges insuffisamment compensées, réforme des collectivités au pas de charge sans considération des petits territoires, attaques contre les collectivités locales... Tout y est passé... Des critiques franches et acerbes devant Gérard Longuet, ministre de la Défense UMP, Bertrand Pancher député UMP, Claude Léonard sénateur UMP, tous des amis incontournables qui se sont associés sans état d'âme aux décisions gouvernementales et les ont même défendues... Christian Namy lui-même élu sous les couleurs de la droite, tenant de cette droite qui défait et qui fait trembler sur ses bases les fondements-mêmes de la République.

Un exercice de grand écart d'un habile tacticien qui revendique une liberté de parole et qui permet d'engranger des soutiens des élus locaux... mais va-t-il pour autant continuer à épauler le président actuel? La réponse est sûrement ici:

"Les déclarations du président sont en accord avec nos valeurs mais nous resterons vigilants..." ainsi s'exprime Laurent Hénart, secrétaire du Parti Radical au soir du 31 décembre 2011, Parti Radical auquel appartient Christian Namy.

Voilà donc un soutien de poids pour continuer cette politique fustigée si vigoureusement en province et si bien appuyée sur le plan national!

Un discours chasse l'autre... Colette Desprez s'est bien sûr attachée à défendre les heureux résultats de l'Etat dans le département... nous passerons sur ce témoignge d'autosatisfaction. Ainsi que mes voisins, j'ai toutefois relevé quelques mots que j'ai du mal à comprendre qui évoquent le maintien des services publics en Meuse. Madame la Préfète fait confiance aux Meusiens pour se mobiliser pour ce maintien des services publics... Qu'est-ce à dire? Devrons-nous rédiger des motions? Descendre dans la rue?

Pour 2012, je ne vois qu'une réponse... changer de gouvernance au plus haut niveau de l'Etat, changer de gouvernance à l'Assemblée Nationale, et pour cela les échéances d'avril-mai et de juin sont capitales.

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 15:08

Vendredi le déplacement du président Sarkozy a mobilisé un nombre considérable de forces de police et de gendarmerie dans la vallée de la Meuse. Depuis Domrémy jusqu'à Vaucouleurs, le chef de l'Etat a voulu commémorer Jeanne d'Arc et se parer des vertus légendaires que ce personnage mythique a véhiculées tout au long des siècles passés.

Un court passage dans la maison natale, des poignées de mains à un public vosgien soigneusement choisi, puis quelques effusions de façade avec des spectateurs valcolorois ont précédé l'arrivée à la Porte de France, d'où la petite Lorraine a commencé le long périple qui la conduira, selon la légende, à sauver la France. Une participation-causerie auprès de collégiens en compagnie d'historiens, puis ce fut la grand messe dans le gymnase du collège des Cuvelles transformé pour la circonstance en camp retranché, accessible aux seuls invités dûment accrédités. Sans attendre que la cohorte de ministres et d'élus d'importance ait pris place, pressé d'en finir, le président a entamé un discours évoquant Jeanne.

Je ne sais qui avait écrit les lignes qu'il a déroulées. Tout de suite m'est venu à l'esprit le souvenir de ces tableaux Rossignol qui illustraient les leçons d'histoire dans les années cinquante. Je me suis dit "Chouette, il va réhabiliter l'Histoire et par là-même son enseignement..." Bernique et que nenni... les profs d'histoire en seront pour leurs frais, ce n'est pas encore l'heure où réapparaîtront dans les programmes les pans entiers qui ont disparu au fil des années!

Et puis, après cette allocution sans âme, rappelant que Jeanne d'Arc n'était d'aucun clan (!) car il paraît que cette visite éclair n'était pas de l'ordre d'une récupération politique (!), l'"orateur", sourire figé de façade, s'en est rapidement reparti non sans avoir serré comme il se doit, quelques mains aux deux premiers rangs.

Point de chaleur, point d'enthousiasme, point de plaisir... un moment que j'ai vécu comme

une pure présence d'indifférence doublée m'a-t-il semblé d'un sentiment de profond ennui mal dissimulé... dommage pour un président qui parcourt la France à la pêche aux voix (mais non suis-je bête... il n'est pas en campagne!).

Sarko et Jeanne d'Arc
 copie d'écran du 06 janvier de 20 Minutes.fr

Beaucoup de bruit pour rien ... car quel retentissement dans la presse nationale? Quel avantage pour la Meuse?

Surtout quand on tombe sur cet article de 20 Minutes... cherchez l'erreur et savourez la légende!

Dommage pour le pittoresque Val des Couleurs et tous ceux qui s'efforcent de le faire connaître! Sans compter les heures à préparer cette incursion en terre lorraine et les tracas afférents!

Sarko-et-Jeanne-d-Arc-legende.JPG

Tiens, écoutez plutôt Laurent Voulzy... et sa jolie évocation de Jeanne!

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 12:02

Les quinze chiffres de l'échec de Nicolas Sarkozy (tous étayés par différents rapports):

15 chiffres-copie-1

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:48

Abecedaire.JPGEtabli par le Parti Socialiste, un abécédaire reprend des affirmations de notre chef de l'état et les passe à la loupe des réalisations... D'ailleurs, on peut raisonnablement penser que cet abécédaire peut être enrichi de notable façon!

Quelques morceaux choisis...

A comme AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

« Depuis des décennies, certains de nos territoires ruraux les plus fragiles sont gagnés peu à peu par la désertification… Aménager le territoire, c’est refuser que l’Etat ne renforce encore les tendances, là, à la concentration, ailleurs, au dépeuplement, plutôt que de rechercher un équilibre dans le développement de nos territoires. »

Discours Congrès de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie, 1er décembre 2006. Interview accordée au magazine L'Ordinateur individuel, mars 2007.

La réforme territoriale, annoncée comme une nouvelle preuve du volontarisme sarkozien en rupture avec des décennies de « lâcheté gouvernementale » et d’« immobilisme frileux », est une coquille vide. Le rapport Balladur était déjà indigeste. La réforme telle que Sarkozy en a exposé les contours est en réalité reportée sine die. Pis, le chef de l’État s’est livré à une véritable coupe sombre dans les services de proximité, et ce sont les territoires ruraux qui en subissent aujourd’hui les conséquences de plein fouet, via la fermeture de bureaux de poste, de maternités ou d’unités de soin.

A comme ANPE

« L’ANPE, l’Unedic, les Maisons de l’emploi seront réunies en un seul service public de l’emploi, qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beaucoup plus rapidement qu’aujourd’hui. » Mon Projet, 2007.

Le premier médiateur de Pôle emploi aura tenu un peu plus d’un an avant de claquer la porte et prendre la poudre d’escampette. Et de voguer ainsi vers d’autres horizons, faute de moyens.

S comme SANTÉ
« Je ne pense pas qu’il y ait matière à beaucoup d’économies dans la santé. Compte tenu de l’allongement de la durée de la vie, du progrès médical et de l’aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre en bonne santé, l’investissement dans la santé sera forcément majeur. » Le Monde, 22 janvier 2007.
C’est peu dire que la santé est le grand renoncement du gouvernement. Quatre ans après ce discours pavé de bonnes intentions, les consultations sont à la hausse et les médicaments moins bien remboursés pour économiser 650 millions d'euros par an sur le dos des patients, au mépris de toute prévention. Et que dire du déremboursement de quelque 200 médicaments supplémentaires et de l’augmentation de 5% du tarif des mutuelles cette année. Et que dire des déserts médicaux qui ne cessent de s’étendre. En témoigne, notamment, la suppression des pénalités en direction des généralistes
s’installant en zones surdotées et refusant d’intervenir dans les zones manquant de médecins.

P comme PRISONS
« La prison est une autre zone d’ombre de notre République. Je ne veux pas parler de honte parce que ce terme ne rend pas compte du travail remarquable de l’administration pénitentiaire. Beaucoup d’améliorations ne doivent pas moins être apportées à notre régime carcéral. » Tribune « Une démocratie irréprochable », Le Monde, 9 mars
2007.
Inutile de s’étendre sur le sujet : la rénovation des prisons et des conditions de détention est l’un des pires échecs de la mandature. En témoigne le nombre particulièrement élevé de suicides, cette année encore, et la surpopulation carcérale qui pose clairement problème. Les rapports se suivent et rien ne change !

Pour ceux qui veulent en connaître quelques éléments de plus... très édifiants... ici!

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Présentation

  • : Le blog de Diana André
  • : Conseillère Régionale Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine depuis janvier 2016 et attachée plus que jamais à la défense et à la promotion de notre territoire, je m'efforce d'être force de propositions, d'accompagner les projets, d'initier des actions significatives de progrès pour tous les citoyens.Bien consciente qu'être à l'écoute ne suffit pas, je suis persuadée que c'est par l'action politique au service de tous que nous pourrons, que nous devons, "inventer demain".
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