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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 10:15
Jeudi matin, j'ai assisté à la présentation du projet SYNDIESE, démonstrateur préindustriel de production de biocarburants de seconde génération (ouf!). L'administrateur général du CEA, Bernard Bigot, s'était déplacé, en personne, pour faire la promotion de ce nouvel outil aux élus et représentants de chambres consulaires.
Voici quelques explications pour ceux d'entre vous qui sont avides de ces informations qui vont peut-être révolutionner le monde de l'énergie (?). Ce projet s'inscrit dans une double stratégie nationale: renforcer l'accompagnement économique du laboratoire de Bure-Saudron, et initier une filière industrielle de production de biocarburants de 2ème génération, suivant en cela la loi Grenelle de l'environnement.
2ème génération BtL (Biomass to Liquid), qu'est-ce que c'est? A partir de matière première renouvelable (plaquettes forestières, paille ou taillis à courte rotation), à laquelle on associe énergie et hydrogène, on obtient des carburants liquides. Je vous passe les détails techniques... pour arriver à la conclusion suivante: d'une biomasse anhydre de 75000 tonnes par an, on obtient 23000 tonnes par an de carburant liquide (naphta, kérosène ou diesel).
Quels ont les objectifs du projet?
En gros, trois déclinaisons de démonstration: technologique (intégration de technologies plus performantes et amélioration du rendement grâce à l'ajout d'hydrogène), pré-industrielle et économique.
Quelles sont les retombées pour le territoire?
Un chantier de plus de 200 personnes pendant 2 ans (?), la création de centaines d'emplois directs (?) en exploitation pérenne (usine et transport de biomasse, distribution de biocarburant...), valorisation des ressources forestières et agricoles locales, contribution au développement d'une nouvelle filière industrielle.
D'études en construction, on arrive à la démonstration proprement dite de la chaîne intégrée BtL en 2014, avec à partir de 2015, la phase pérenne d'exploitation...
Calendrier pour 2010: aménagement du site, concertation avec les acteurs locaux pour la fourniture de biomasse, et pour la future distribution des biocarburants, finalisation du tour de table financier (nous en reparlerons!), définition de la structure juridique, études de conception... avec dès le 4 janvier 2010, la mise en place d'un plateau technique (50 personnes) et des équipes de maîtrise d'ouvrage (20 personnes), ces personnels étant bien sûr basés en région parisienne...
Et, enfin, au 1er trimestre 2011, on attend la décision du gouvernement pour le lancement effectif de la construction du démonstrateur... ce qui, a priori, n'a pas l'air gagné d'avance...
La localisation? en Haute Marne... solidarité entre les territoires... mais quid de la fiscalité quant à la répartition entre Meuse et Haute Marne?
Et le budget, dans tout ça, me direz-vous?
La phase d'études (et rien qu'elle) requiert un total de 24 millions d'euros, répartis comme suit: GIP 52, 3 millions, GIP 55, 3 millions, FEDER, 6 millions, CEA 6 millions, Industriels, 6 millions. Il va y avoir une demande complémentaire dans le cadre du grand emprunt et la sollicitation des industriels est en cours (!)... On sollicitera également EDF et AREVA...

Quant au projet total, il se situera aux alentours de 220 millions d'euros... Reste à espérer que des entreprises meusiennes seront appelées à participer à la construction du futur complexe en ayant la taille et les reins suffisamment solides pour prétendre émarger à l'appel d'offre qui sera lancé.
En tout état de cause, si les 30 millions du fonds GIP sont en partie destinés à soutenir des projets de développement économique , il est à noter que les 3 millions qui y sont injectés, le sont à ce titre. Et, mauvaise langue que je suis, je ne peux m'empêcher de me rappeler que le CEA fait partie des opérateurs qui abondent ce fonds GIP... juste retour sur investissement... comme d'ailleurs EDF, avec son implantation sur Velaines...
Alors, à la clé, combien d'emplois pour la Meuse? Quel développement économique généré? Si l'expérimentation est concluante, si on transforme l'essai en usine pérenne, si...

Rendez-vous dans... vingt ans...

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Published by Diana ANDRE - dans Economie
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commentaires

Julien 29/04/2010 02:36


Ces coquettes sommes investies dans les biocarburants feraient bien mieux de l'être dans de massives économies d'énergies dans tous les domaines. En effet les biocarburants, pour atteindre une
proportion autre que simplement anecdotique dans la consommation de carburant, nécessiteraient l'utilisation d'une partie colossale des terres arables. L'utilisation des sous-produits agricoles et
forestier pose également le problème de l'appauvrissement des sols cultivés ou forestiers à qui on retirerait toute cette biomasse qui leur sert à se régénérer.
Voir l'article "Que pouvons-nous espérer des biocarburants ?" http://www.manicore.com/documentation/carb_agri.html


Bertrand 27/02/2010 10:11


Pas besoins d'attendre 20 ans "pour être à la masse", même bio ! : déjà un peu d'emploi en local quand même.


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  • : Conseillère Régionale Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine depuis janvier 2016 et attachée plus que jamais à la défense et à la promotion de notre territoire, je m'efforce d'être force de propositions, d'accompagner les projets, d'initier des actions significatives de progrès pour tous les citoyens.Bien consciente qu'être à l'écoute ne suffit pas, je suis persuadée que c'est par l'action politique au service de tous que nous pourrons, que nous devons, "inventer demain".
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