Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 18:30

J Errard 1Le monument inauguré en 1921 dans la cour de l'Ecole Normale de Commercy comportait à l'origine 111 noms. Chaque année, devant ce même monument transféré dans les jardins de ce qui s'appelle encore aujourd'hui l'IUFM de la Meuse, l'Association des Anciens Elèves des Ecoles Normales et IUFM de la Meuse rend hommage à ces maîtres d'école, démarche contre l'oubli.

Cette année, il a été choisi d'évoquer le destin tragique d'instituteurs meusiens disparus lors de la bataille d'Argonne en 1915. Quand on pense à l'Argonne aujourd'hui, on foule les beaux sentiers aux parfums de mousses, à l'ombre des hautes futaies de chênes et de hêtres séculaires... et pourtant, lors de cette terrible bataille au bois de la Gruerie, se menèrent sur terre et sous terre des combats terrifiants.J Errard 3

Onze élèves de l'école Jean Errard ont égrené l'image de ces onze poilus victimes de la boucherie de cette première guerre mondiale.

Grâce aux recherches des Documentaires Meusiens, revivent ces onze instituteurs qui sont tombés dans le bois de la Gruerie, en Argonne, au cours des 7 premiers mois de l'année 1915: un du 147ème RI le 5 janvier, un du 154ème RI le 21 janvier, trois du 161ème RI les 2 janvier pour deux des trois, le 9 mars pour le 3ème, deux du 151ème RI le 1er mars et le 3 juillet, un du 11ème RI le 3 juillet, trois du 94ème RI les 6, 13 et 14 juillet.

BEAUVAIS Marcel

Il naît à Clermont-en-Argonne, le 26 juillet 1883.

Il fait ses études à l'École Normale de Commercy. Il est nommé instituteur à Haumont-près-Samogneux.

En 1913, il devient professeur au lycée de Toulon.

Sergent au 112ème Régiment d'Infanterie, il participe aux combats d'Argonne au bois de la Gruerie. Il décède le 3 juillet 1915 des suites d'une grave blessure reçue lors d'une attaque. Il mérite cette citation : « Chargé, avec sa section, de la construction d'un élément de 1ère ligne, le soir de l'attaque du 1er juillet, malgré un bombardement et une fusillade intenses, a continué à diriger et à activer les travaux. A été mortellement blessé. Excellent sous-officier qui s'est toujours fait remarquer par son énergie et son habileté professionnelle. »

Son épouse, qui vient déjà de perdre un fils de 2 ans, meurt de chagrin. Sa fille, Lucile, orpheline, sera élevée, par sa grand-mère et ses tantes.

Son nom figure sur le monument aux morts de Clermont-en-Argonne.

BERTOUT Paul Henri

Il naît à Lérouville le 17 septembre 1891.

Il se prépare aux fonctions d'instituteur à l'École Normale de Commercy de 1908 à 1911.

Après l'obtention de son brevet supérieur, il devient instituteur-adjoint à Vaucouleurs.

Sergent au 154ème Régiment d'Infanterie, il tombe sur le champ de bataille, le 21 janvier 1915, dans le Bois de la Gruerie, en Argonne, à l'âge de 23 ans.

Son nom apparaît à Lérouville sur le monument aux morts et sur la plaque commémorative située dans l'église.

CONTANT Marie Amand Eugène

Il naît à Seigneulles le 13 juillet 1882.

Il est élève-maître à l'Ecole Normale de Commercy de 1898 à 1901, puis exerce successivement comme instituteur-adjoint à Ancerville en 1901, à l'école du Château à Bar-le-Duc en 1902, comme instituteur communal à Deuxnouds-devant-Beauzée en 1904 et à Brillon à partir de 1912.

Célibataire, caporal au 94ème  Régiment d'Infanterie, il est tué à l'ennemi, au Bois de la Gruerie, en Argonne, le 6 juillet 1915, à l'âge de 33 ans.

Son nom apparaît sur le monument aux morts de Brillon-en-Barrois et sur une plaque du souvenir apposée à l'intérieur de l'église de Seigneulles.

HERBILLON Marcel André

Il naît le 1er octobre 1890 à Montplonne (Meuse).

De 1907 à 1910, il fait ses études à l'École Normale de Commercy.

Il est nommé instituteur à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, délégué à l'Ecole Primaire Supérieure.

Aspirant au 151ème Régiment d'Infanterie, il est tué le 1er mars 1915 au bois de la Gruerie, en Argonne, à l'âge de 24 ans. Il était célibataire.

Son nom apparaît sur le monument aux morts de Montplonne, situé dans le cimetière.

LALLEMAND Georges Auguste

Il naît à Vaucouleurs le 26 juillet I 883.

Il fait ses études à I'Ecole Normale de Commercy de 1898 à 1901.

Il est professeur à l'École Primaire Supérieure de Vaucouleurs avant d'être mobilisé.

Sergent au 161ème Régiment d'Infanterie il est blessé en 1914. Il est tué à l'ennemi le 29 janvier 1915 au Bois de la Gruerie, en Argonne, à l'âge de 31 ans. Il était marié.

Son nom figure sur le monument aux morts de Vaucouleurs.

LEGOUGNE Albert Émile

Il naît à Billy-les-Mangiennes le 07 septembre 1890 où son père est gendarme.

Il fait ses études à l'École Normale de Commercy de 1908 à 1911, puis effectue son service militaire de 1911 à 1913.

ll est nommé instituteur adjoint à Commercy.

Sergent major au 161ème Régiment d'Infanterie, il est mortellement blessé le 9 mars 1915 au combat de La Harazée en Argonne. Il meurt le lendemain, 10 mars 1915, des suites de ses blessures, à l'âge de 25 ans.

Il est inhumé dans la nécropole nationale des Islettes.

La transcription de son décès, qui mentionne qu'il est «mort pour la France entre le 7 et le 10 mars 1915 au bois de la Gruerie », est enregistrée sur les registres de Trésauvaux, son dernier domicile.

MIGEON Marcel

Marcel MIGEON naît le 26 juillet 1889 à Récicourt où son père est instituteur.

Il fréquente l'école primaire de Vavincourt, le lycée de Bar-le-Duc, le collège de Verdun et le cours complémentaire de l'école Exelmans à Bar-le-Duc.

Il poursuit ses études de 1906 à 1909 à l'École Normale de Commercy. Il exerce à l'école mixte à classe unique de Silmont où il remplace son père qui vient de décéder.

En 1912, à la mairie de Clermont-en-Argonne, il se marie avec une institutrice.

Lieutenant au 94ème Régiment d'Infanterie, il est tué à l'ennemi, au bois de la Gruerie, le 14 juillet 1915, à l'âge de 26 ans. « Il était toujours le premier », tel est l'éloge qu'un de ses compagnons d'armes a recueilli de la bouche de tous les blessés de la compagnie.

Le journal de marche de son régiment indique : « La 8ème Compagnie se trouvant mise à la disposition du 3ème Bataillon reçoit l'ordre de pousser en avant le barrage établi la veille par la 12ème Compagnie. Le lieutenant Migeon, commandant la 8ème Compagnie, est tué au moment, où, le premier, il mettait à bas le barrage allemand, pour progresser dans la tranchée. Cette mort produit un temps d'arrêt dans le mouvement de cette compagnie.»

Sa sépulture se trouve à Florent-en-Argonne dans la nécropole nationale.

 MOUTAUX Lucien Henri

Il naît le 28 décembre 1893 à Aubréville, où ses parents tiennent un café-épicerie. Il fait ses études de 1910 à 1913, à l'École Normale de Commercy.

Il est nommé instituteur-adjoint à l'école de la Halle à Saint-Mihiel où il exerce du 1er octobre 1913 au 15 novembre 1913.

Caporal fourrier au 151ème Régiment d'Infanterie, il tombe sur le champ de bataille le 3 juillet 1915 au bois de la Gruerie, en Argonne, à l'âge de 21 ans.

Son décès, transcrit sur le registre d'état civil d'Aubréville, précise que le corps est resté dans les lignes ennemies.

Son nom apparaît sur le monument aux morts d'Aubréville.

ROSIER Gabriel Joseph Charles

Il naît à Saint-Mihiel le 23 juin 1886. Son père y est lunetier.

Après ses études à l'Ecole Normale de Commercy, il occupe successivement les postes d'instituteur adjoint à Bar-le-Duc, d'instituteur communal à Savonnières-en-Woëvre puis à Beney.

Sous-lieutenant au 94ème Régiment d'Infanterie, il se distingue pour sa vaillance aux combats d'Argonne des 30 juin, 1er et 2 juillet 1915. À 29 ans, il tombe face à l'ennemi le 13 juillet 1915 au Bois de la Gruerie, en Argonne.

Son nom apparaît sur une plaque apposée sur le mur de l'église de Beney-en-Woëvre. Il figure également sur le monument aux morts de Viéville-sous-les-Côtes.

TAPIN Constant Émile

Il naît le 20 février 1886 à Sommeilles, où son père est cordonnier.

Il fait ses études à l'École Normale de Commercy de 1902 à 1905.

Il est nommé instituteur-adjoint à l'école du château à Bar-le-Duc où il exerce de 1906 à 1910. Il enseigne à Marville, puis à l'école d'Aulnois-en-Perthois.

Il se marie à Bar-le-Duc le 30 décembre 1908 avec Marie Joséphine VARY, institutrice-adjointe.

Soldat de 2ème classe au 161ème Régiment d'Infanterie, il est tué à l'ennemi le 29 janvier 1915 au Bois de la Gruerie, en Argonne.

Son nom apparaît sur le monument aux morts de Sommeilles et sur celui d'Aulnois-en-Perthois.

URBAIN Camille Marie Joseph

Il naît le 16 décembre 1884 à Villers-devant-Dun où son père est instituteur.

Il fait ses études à l'École Normale de Commercy de 1901 à 1904.

Après son service militaire, il occupe les postes d'instituteur-adjoint à l'école de la Ville-Basse à Montmédy, puis d'instituteur communal dans la même ville à l'école mixte de la Ville-Haute de 1906 à 1909.J Errard 4

Il se marie à Montmédy le 20 septembre 1910. 

Sergent à la 1ère compagnie du 1er bataillon du 147ème Régiment d'Infanterie, il décède, à l'âge de 26 ans, le 5 janvier 1915, au bois de la Gruerie, en Argonne.

Son nom apparaît sur le monument aux morts de Montmédy.

Lors de ces quatre années de guerre, Charles Talbot, de la promotion 11/14, enseignant à Saudrupt, réformé sous prétexte de constitution fragile, (il est à noter qu'il est décédé à l'âge respectable de 98 ans) collectait les témoignages et tenait un registre précis de la situation des instituteurs meusiens combattants dans le journal mensuel intitulé  "Les Normaux de la Meuse".

Panorama 1

Partager cet article

Repost 0
Published by Diana ANDRE - dans Commémorations
commenter cet article

commentaires

christophe Lagrange 08/12/2010 16:38


Bonjour,

Bravo pour cet article à la mémoire des instituteurs meusiens.
Parmi eux Camille URBAIN du 147è RI. M'autoriseriez-vous à reproduire ce qui le concerne sur le blog du 147è RI, ou à faire un lien vers votre article ?
Est-ce que le Bulletin des Normaux de la Meuse, mentionne l'existence d'autres instituteurs aux 147è et 347è RI ?
Cordialement,
C. Lagrange


Présentation

  • : Le blog de Diana André
  • Le blog de Diana André
  • : Conseillère Régionale Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine depuis janvier 2016 et attachée plus que jamais à la défense et à la promotion de notre territoire, je m'efforce d'être force de propositions, d'accompagner les projets, d'initier des actions significatives de progrès pour tous les citoyens.Bien consciente qu'être à l'écoute ne suffit pas, je suis persuadée que c'est par l'action politique au service de tous que nous pourrons, que nous devons, "inventer demain".
  • Contact

Recherche